Véronique de Guitarre est énigmatique, elle cultive sagement et gaiement le mystère,
elle fait rêver.


Elle exerce un métier rare de nos jours, “le métier de voir” : c’est qu’elle ne voyage

qu’avec son regard. C’est une véritable entrepreneuse de projets, qui cherche, sillonne,
et observe avec finesse notre vie quotidienne.

Les thèmes qu’elle traite sont prélevés dans les paysages, comme des empreintes

de vie humaine. Qu’il s’agisse de cabanes, de vélos ou de ces immenses cargos

qui sont en transit sur les ports, Véronique cherche l’ouverture et la communication.

Qu’il s’agisse de gants perdus ou de bidons rouillés, Véronique sublime le banal et recrée

sa propre atmosphère. Ainsi le port devient lieu de rêverie, comme une salle d’attente d’aéroport ou de gare : le temps reste suspendu, chacun projette ses sentiments,

et parcourt de nouveaux horizons.

En toile de fond, l’eau, le ciel, l’air et la terre restent omniprésents.

Véronique cherche sa toile, elle fouille dedans comme dans une brocante où l’on trouve

un objet rare. Elle l’interroge et ce va-et-vient, permet à une image prise sur le vif, de devenir

un objet autonome. Elle procède par élimination, car l’image existe dans sa tête,

elle parle par les couleurs et par les lignes, et travaille jusqu’à matérialiser les sensations

dont elle s’est imprégnée.

Rentrer dans son univers c’est accepter de se promener dans un nouvel espace.

Sa peinture transforme le réel et son talent réside dans le fait de nous montrer ce que personne ne voit. Véronique préserve sa capacité à s’émerveiller, et c’est pour cela

qu’elle nous séduit.


Lucia Wainberg 






En 1982, titulaire d'un CAPES d'Arts Plastiques, elle s'installe à Paris.

De1989 à 2006, elle enseigne aux Ateliers du Musée des Arts Décoratifs.

Actuellement, elle travaille dans son atelier parisien.